Après ce magnifique voyage au Mexique, retour sur les terres françaises, sous le mauvais temps...
Le 25 juillet mariage très réussi de Hélène et François, une Hélène Coudé du Foresto de plus sur terre, quelle chance !
Petit retour donc de 20 jours sur les terres françaises, le temps du mariage et de récupérer mon passeport malien.
Je prends donc l'avion, c'était déjà l'anarchie à l'aéroport, 1 heure de retard. Arrivée à Bamako sous la pluie, nous avons du attendre dans l'avion posé que celle ci s'arrête avant de pouvoir
sortir (car la sortie est directement dehors).
Là un taxi m'attendait et direction l'auberge Jamila, où j'ai vite rencontré des jeunes qui m'ont un peu pilotée lors de ces premiers jours. J'étais un peu arrivée "à l'arrache", ce qu'il ne faut
jamais faire dans ce pays. Tirer de l'argent, se déplacer dans la ville nécessite un minimum d'organisation. Il n'y a effectivement pas de nom de rue et pas de plan, enfin au moins ceux-ci ne
sont jamais utilisés.
J'ai eu du mal à m'endormir les premiers jours, avec la chaleur et le bruit du ventilateur surtout ^^ mais tout s'est bien passé et par chance, j'ai trouvé une voiture qui m'emmenait pour le même
prix que le bus à Mopti (10 heures de route). Tout cela commençait plutôt bien.
Le voyage s'est passé sans encombre, le paysage était magnifique.
Je suis donc bien arrivée à Mopti, à l'hôtel "yapasdeprobleme", où j'ai rencontré mon oncle, Olivier, qui m'a de suite fait visiter l'hôtel et installé dans sa maison.
Olivier et Laure habitent à environ 5 minutes à pied de l'hotel, dans une maison assez confortable, avec une cour où habitent une famille de gardiens, avec 3 enfants en bas age, 2 jumelles
de 6 ans je pense et un petit de 1 an. Ils sont très mignons même s'ils crient beaucoup !!
ici les rues ne sont pas toutes goudronnées, donc quand on se promène il faut faire attention où on marche. C’est en effet la saison des pluies et il y a beaucoup de boue, et le chemin pour aller
chez olivier n'est pas facile (en voiture ça remue!!)
Il y a des enfants partout ! Dès que l'on sort on entend "toubabou toubabou bonjour ça va ?" et souvent aussi"donnes moi un bonbon, un cadeau, une photo" que bien sur il ne faut pas
donner.
Mopti est une ville très touristique, ce qui est un peu énervant et qui fait fuir les touristes est le harcèlement des guides, pinassiers et vendeurs de colliers qui veulent
leur faire faire un tour en ville ou en pinasse ( le bateau sur le fleuve) constamment. Je n'ai heureusement pas eu de problèmes avec cela car il suffisait que je dise que je travaille à l'hôtel
et que je suis de la famille d'olivier et Laure et ils me laissaient tranquille. De plus les gens ont fini par me connaître. Dans la rue des gens que je ne connaissais pas me disaient "ah c'est
toi la prof danglais ?moi aussi je voudrai apprendre langlais!"
Il ya avait encore beaucoup de touristes la première semaine dans l’hôtel, les élèves n’étaient pas très disponibles pour prendre des cours d’anglais.
Je suis donc partie une semaine au pays dogon, où jai logé au début dans le village d'Ousman, le cogérant de l'hôtel avec Olivier. Pour y aller nous avons marché 2 heures à travers les falaises
et les plateaux puis nous sommes redescendus sur la plaine. Les paysages étaient vraiment magnifique. Je ne m'attendais pas à autant de verdure et de diversité.
Dans ce village les gens sont vraiment différents, les enfants ne demandent jamais de cadeaux ou de bonbons et les villageois sont vraiment gentils. J'ai dormi sur la terrasse, à la belle étoile mais quand même sous la moustiquaire ! Pour monter sur la terrasse il faut passer par l'escalier Dogon, très étroit (largeur d'un pied), taillé dans le bois brut. Autant dire que le matin je le descendais sur les fesses !
Je suis allée le lendemain au grand marché de bankass, 2 heures en charette a boeuf.
Ce qui était vraiment impressionant c'est que des femmes arrivaient a pied avec tout leur marchandises sur la tête depuis un village de plateau situé à 10 km de walia (le village ou j'étais) et
elles faisaient encore 7 km pour aller jusqua bankass. Elles se levaient donc à 4 heures du matin pour pouvoir vendre 3 haricots au grand marché. Apparemment elles ne laisseraient pour rien au
monde leur place, c'est vraiment le moment de la semaine où elles peuvent se rencontrer, prendre des nouvelles de tout le monde: c'est plus social que commercial vu ce quelles doivent gagner et
leffort quelles font. A Bankass malheureusement il a plu donc on s'est refugié chez quelqu'un un peu de temps. Dans ce marché ils vendent vraiment de tout, du papier toilette aux haricots et
pièces de moto. J'ai pu aussi recharger mon portable et appareil photo dans un magasin car dans les villages il n'y a pas délecricité ( juste quelques batteries par ci par la pour une lumière, et
quelques petits panneaux solaires qui permettent de recharger la batterie.)
J'ai ensuite décidé de visiter un peu plus donc je suis partie avec mon sac marcher sous le cagnard africain avec un guide. Premier arrêt a Teli où il y avait des maisons construites dans
la falaise, qu'ils n'habitent plus depuis une dizaine d'années(ils ont reconstruit des maisons en bas de la falaise à cause d'un problème de place).
La construction des villages n'est pas menée au hasard, et obéit à plusieurs règles, notamment au système des castes qui perdure encore. Ils restent animistes, même si l'islamisation est
très forte(le pays dogon est lendroit où il ya le plus de catholiques dans un pays où 90% de la population est musulmane). La croyance aux sorciers et à la médecine traditionelle reste très
ancrée dans toutes les couches de la société.
De Teli je suis revenue dormir a Walia où nous avons encore pris le thé avec quelques villageois. J'ai même eu le droit à une cérémonie de baptème, où ils m'ont donné un prénom et un nom
Dogon : Sogusa Guindo, (Sogusa veut dire Bonheur, et Guindo est le nom de famille de tous les dogons de cette région).
Le lendemain nous sommes partis, avec mon guide. Nous avons marché 2 heures jusqu'au village d'Endé où il vendaient pleins de bogolans (tapisseries faites avec de la terre et des pigments
naturel) et nous sommes restés là 3 4 heures pour laisser passer les heures les plus chaudes. Nous sommes ensuite repartis jusu'à Begnematou, village dans la falaise magnifique !Sur le chemin
nous avons rencontré un groupe de français, 2 étudiants en médecine qui venaient juste de passer leur internat, qui faisaient leur stage au bénin et qui visitaient le pays dogon plus un
hollandais quils avaient rencontrés sur le chemin. Nous nous sommes très bien entendus et avons décidé de faire le chemin ensemble. Arrivés a begnematou, nous sommes allés voir
une cascade et là nous attendaient un troupeau de chèvre avec des enfants se baignant dans la cascade, c'était vraiment magique ! les garçons se sont baignés avec eux !
le soir nous nous sommes fait invités à une petit fête, en fait c'était un rassemblement et toutes les filles chantaient et dansaient, mais nous étions les seuls toubabous(blancs) donc c'était
sympa (car dans ce campement il y en avait plein!)
nous avons dormi sur le toit avec des moustiquaires et vers 2 heures du matin nous nous sommes fait réveillé par un orage et une pluie diluvienne vraiment très agréable ^^
le lendemain à 7 heures nous partons, encore a travers des paysages magnifiques jusqu'à dourou puis nombori. On a calculé cette journée avoir marché 20 km ! et ce nest pas du tout plat (falaises
à escalader et surtout soleil très très présent)
les campements où nous étions étaient assez sommaires, c'est à dire douches et wc maliens le plus souvent (seaux d'eau et trous) mais ça vaut vraiment le coup ( pour ceux qui seraient interessés)
et nuit écourtée par le jour et le bruit (coqs et gens allant aux champs) vers 6 heures du matin.
le lendemain nous sommes repartis a dourou et avons pris une voiture pour aller jusqu'à bandiagara, où la les 2 français sont partis pour djenné, et le hollandais et moi vers mopti à l'hotel
yapasdeprobleme. nous étions bien fatigués après une moyenne de 5 heures par nuit mais des souvenirs plein la tête.
A Mopti j'ai commencé les cours d'anglais. J'avais trois groupes dans la journée, celui de l'accueil, du restaurant et deux autres élèves. Le niveau n'était pas très élevé heureusement pour moi j'ai donc pu servir à quelque chose ! C'était agréable car les élèves étaient très motivés et apprenaient plutôt vite (ils sont déjà tous trilingues grâce à tous leurs dialectes et apprenent assez vite à l'oral).
Je rencontrais souvent des groupes dans l'hôtel avec qui je passais un peu de temps, pour le diner ou pour visiter les environs. Je ne suis vraiment jamais ennuyé, j'avais toujours quelqu'un à qui parler ou sortir se ballader.
J'ai retrouvé aussi mes amis du pays Dogon qui sont revenus à l'hôtel faire une petite halte dans leur voyage.
Avec un groupe de 6 personnes, nous sommes partis deux jours en pinasse sur le fleuve Niger, où nous avons vu des hippopotames ! 2 jours magiques où nous pouvions simplement rester sur le bateau, regarder le paysage, lire, dormir...avec nuit à la belle étoile sur la berge.
J'ai aussi visité Djenné, petite ville à 30 km de Mopti où il ya la plus grande mosquée en terre du monde. J'ai ainsi expérimenté les taxis brousses maliens : une matinée d'attente pour finalement revenir le lendemain car il n'y avait pas assez de monde (la saison touristique étant finie). Le lendemain je suis partie assez rapidement, entassée, dans un taxi tunné pour arriver à accueillir 11 personnes !
Ce voyage a été vraiment enrichissant culturellement et personnellement. J'avais la chance d'avoir été chaleureusement accueillie chez Laure et Olivier, sans qui je n'aurai pas pu partir dans ce magnifique pays et faire ce que j'y ai fait. Un grand merci à tous les deux !